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Justin Trudeau, député

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C-566

Monsieur le Président, cette semaine, le ministre de l’Immigration et moi avons eu nos différends politiques, mais, sur cette politique, nous sommes sur la même longueur d’onde.
Ce projet de loi propose de donner une chance unique aux citoyens et aux résidents permanents de parrainer les membres de leur famille élargie, c’est-à-dire frères et soeurs, neveux, nièces, tantes, oncles et cousins. C’est une belle idée. Ce serait louable si notre système fonctionnait à merveille et si on n’avait pas de files et de temps d’attente beaucoup trop longs. Or notre priorité doit être de ramener d’abord des gens qui vont venir bâtir un pays plus fort et reconnaître l’importance des membres directs de la famille, soit les enfants, les époux, les épouses et, bien sûr, les parents et les grands-parents. Toutefois, pour ce qui est d’élargir cette définition aux frères et soeurs, tantes, cousins et cousines, je trouve, honnêtement, que notre système n’est pas assez robuste et efficace compte tenu de nos ressources actuelles.
Lorsque la députée de Trinity—Spadina est intervenue pour répondre à une question, elle a parlé des délais d’attente épouvantables auxquels les immigrés sont soumis. Je suis tout à fait d’accord avec elle. J’ai l’honneur de siéger avec la députée au Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration, qui se penche sur les délais de traitement des demandes d’immigration qui causent actuellement des maux de tête à nombre de néo-Canadiens. Ils attendent beaucoup trop longtemps avant de pouvoir faire venir leurs êtres chers, leurs conjoints ou leurs enfants. Ils peuvent attendre 8, 10, voire 12 ans avant de pouvoir faire venir leurs parents ou leurs grands-parents.
Or, ce qui me préoccupe, c’est que la proposition de la députée de Trinity—Spadina prolongerait considérablement les délais de traitement pour tous ceux qui attendent toujours leurs proches parents. Loin d’améliorer le système, sa proposition aggraverait les choses pour tous.
La députée a parlé des jeunes immigrants européens, notamment irlandais, désireux de s’établir ici et du fait que, d’une façon ou d’une autre, l’idée de pouvoir encourager leurs cousins, leurs frères ou leurs soeurs à venir aussi les inciterait fortement à faire le grand saut. Ce serait peut-être un petit facteur de motivation, mais le principal facteur qui inciterait ces jeunes personnes à venir s’établir ici — et la députée l’a mentionné —, ce serait de trouver du travail et de pouvoir fonder une famille et se construire un avenir.
Pour fonder une famille et se bâtir un avenir, la plupart des gens n’ont pas besoin de pouvoir faire venir un oncle, une tante, un neveu, une nièce, un cousin ou des membres de leur famille élargie. Pour cela, il faut plutôt qu’ils puissent parrainer leur conjoint, un parent, un grand-parent ou, parfois, des enfants.
La députée a indiqué qu’elle ciblerait tout particulièrement les jeunes. Il serait merveilleux que des jeunes puissent faire venir d’autres jeunes, leurs cousins, leurs frères ou leurs soeurs. Toutefois, rien n’indique que son projet de loi serait axé sur les jeunes. Il s’agirait d’une permission dont quelqu’un pourrait se prévaloir une fois au cours de sa vie afin de parrainer une personne. Comme le ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme l’a mentionné, on pourrait se retrouver avec des millions de demandes d’immigration supplémentaires.
Il faudrait s’assurer de maintenir un principe solide et efficace en matière de citoyenneté et d’immigration, permettant de faire venir au pays les meilleurs et les plus brillants du monde entier et les aidant à travailler pour bâtir leur avenir. Nous devons leur permettre de réaliser leurs espoirs et leurs rêves et leur donner les outils pour le faire. Notre système d’immigration est le plus généreux du monde. Les Canadiens, qui se définissent non pas en fonction de leurs différences, mais plutôt des forces qui en découlent, doivent bien comprendre que des gens peuvent venir au Canada pour y faire leur vie.
Le ministre a beau être fier d’avoir accueilli un nombre record d’immigrants l’an dernier, mais il sabre 53 millions de dollars dans les services d’établissement destinés aux néo-Canadiens vulnérables. Il sera plus difficile pour les gens de s’intégrer, de prospérer, d’acquérir des compétences linguistiques et de trouver des emplois dans leur domaine. Il leur sera plus difficile de sentir qu’ils sont appréciés à leur juste valeur, qu’ils participent de manière concrète à la construction de notre grand pays, comme le font quotidiennement les Canadiens.
Nous devons maintenant nous employer à améliorer le système actuel et, à mon avis, le gouvernement conservateur n’a pas encore su relever ce défi. On le voit quand il insiste pour réduire le nombre d’immigrants dans la catégorie du regroupement familial, notamment les parents et les grands-parents, ou quand il sabre dans les services d’établissement qui permettent aux néo-Canadiens de bien s’intégrer. Il y a une chose que nous ne pouvons pas faire, même si la perspective semble intéressante, c’est d’élargir davantage la catégorie familiale aux fins du parrainage.
La réalité, c’est que nous n’avons tout simplement pas les ressources pour pouvoir ouvrir le pays à ce point-là. Les mêmes personnes qui seraient peut-être contentes de pouvoir parrainer leurs cousins, leurs cousines, leurs tantes et leurs oncles seraient encore plus frustrées de devoir attendre encore plus longtemps pour leur époux, leur épouse, leurs enfants ou leurs grands-parents. C’est pour ça que le Parti libéral n’est pas enclin à appuyer cette motion.

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