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Justin Trudeau, député

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L’accord de libre-échange avec la Colombie

Monsieur le Président, au cours de la dernière année, j’ai reçu de nombreuses lettres et courriels au sujet de l’Accord de libre-échange Canada-Colombie. Il s’agit sans aucun doute d’une question à laquelle de nombreux Canadiens s’intéressent. C’est une question économique, quand il s’agit du maintien des emplois au Canada et en Colombie, et une question morale quand nous tenons compte de la situation des droits de la personne en Colombie.

Les gens sont inquiets. Ils voient la violence et les conflits qui ont cours en Colombie. Ils ont peur que, par cet accord, le Canada alimente et même encourage ces comportements.

La réalité, c’est que pour améliorer le monde, il faut y participer pleinement. Les autres partis de l’opposition veulent attendre que la Colombie se débrouille seule et qu’elle devienne un pays modèle avant qu’on signe quoi que ce soit.
Quoi qu’il en soit, la vérité, c’est que les échanges commerciaux entre le Canada et la Colombie s’élevaient à plus de 1,3 milliard de dollars l’année dernière. Les entreprises canadiennes ont pris note de l’accord. L’accord ayant été signé, les entrepreneurs canadiens sont prêts à faire des investissements à long terme dont bénéficieront les Colombiens.

Les agriculteurs canadiens appuient l’accord. Les organisations commerciales canadiennes, et certaines PME, voient les débouchés qu’ouvrira cet accord. D’autres sociétés canadiennes comme SNC-Lavalin et Brookfield Asset Management ont ouvert des bureaux à Bogota et ont établi un fonds de 500 millions de dollars destiné aux investissements en Colombie.

Toutes ces choses arrivent en marge de ce nouvel accord, que nous appuyons aujourd’hui. Je dis « nous » parce que l’opposition officielle a joué un rôle important dans la conclusion de cet accord. L’économie est le moteur du commerce, mais nous avons aussi le devoir d’engager le dialogue avec nos partenaires commerciaux sur le plan humain. Parfois, les gens ont besoin de parler d’autres choses avant d’amener les autres à écouter ce qu’ils ont à dire.

Les droits de la personne sont au coeur des valeurs des libéraux. Donc, pour que nous puissions appuyer cet accord, nous devions nous assurer que l’accord économique avec la Colombie comportait des dispositions protégeant les droits des travailleurs colombiens et évitant que nos entreprises ne soient mêlées à des conflits concernant les droits de la personne. Voilà pourquoi il est si essentiel que notre porte-parole en matière de commerce international, le député de Kings—Hants, passant outre à la politique partisane, ait négocié un amendement obligeant les deux pays à surveiller les répercussions de cet accord de libre-échange sur les droits de la personne tant au Canada qu’en Colombie et à en faire publiquement rapport.

En effet, dans le cadre de ce nouvel accord libéral, le Canada et la Colombie doivent évaluer publiquement les répercussions du libre-échange sur les droits de la personne dans les deux pays. C’est le premier accord de libre-échange de l’histoire qui exige une évaluation du respect des droits de la personne. L’amendement proposé oblige le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international du Canada à recueillir et à analyser des renseignements concernant les répercussions de l’Accord de libre-échange Canada-Colombie sur les droits de la personne dans les deux pays et à mettre l’accent sur ces derniers. Ces renseignements doivent être fournis au Parlement du Canada dans le cadre d’un rapport annuel, qui peut ensuite être utilisé pour guider la politique étrangère du Canada à l’égard de la Colombie. De plus, le dépôt des rapports annuels au Parlement permettra aux partis de l’opposition de mieux les examiner et aux organisations de la société civile de partout dans le monde d’accéder à ces données de manière transparente tandis qu’elles mènent leurs propres évaluations du respect des droits de la personne.

L’amendement libéral exigeant une évaluation du respect des droits de la personne a été motivé par le désir d’une plus grande surveillance publique dans le domaine des droits de la personne et la conviction que les droits de la personne et les possibilités économiques sont étroitement liées. Nous reconnaissons que les violations des droits de la personne en Colombie découlent en grande partie d’actes de violence alimentés par la narcoéconomie du pays. Cette narcoéconomie, quant à elle, est attribuable à la pauvreté endémique, au taux de chômage élevé persistant et aux infrastructures sociales insuffisantes de la Colombie. Nous croyons qu’un engagement politique et économique accru peut aider à s’attaquer aux causes profondes de la violence et à améliorer la situation des droits de la personne en Colombie.

Dans cette ère de mondialisation, il faut s’ouvrir à la planète et non se refermer. À titre personnel, je peux ajouter que je suis allé visiter la Colombie il y a 15 ans. À ce moment-là, j’y ai vu, comme maintenant, beaucoup d’enjeux, beaucoup de problèmes de violence et beaucoup d’inquiétudes en matière de citoyenneté, mais j’y ai aussi vu beaucoup de pauvreté.

Au Canada, nous avons la responsabilité de partager ce que nous faisons bien: oui, notre économie, mais aussi notre impact sur les droits de la personne. Au Canada, nous avons cette responsabilité.
Le Parti libéral estime que le Canada a l’obligation morale d’aider la Colombie à continuer d’améliorer son bilan au chapitre des droits de la personne. Nous devons travailler avec la Colombie en vue de renforcer ses institutions publiques et de créer des perspectives économiques légitimes pour tous les Colombiens.

Cet accord de libre-échange, fort de l’amendement libéral établissant l’obligation de faire rapport sur la situation des droits de la personne, renforcera considérablement la capacité du Canada d’atteindre ces objectifs et de convaincre la Colombie de s’engager sur le terrain des droits de la personne. De surcroît, l’amendement libéral permettra aux Canadiens et aux Colombiens d’évaluer en tous temps les progrès dans le domaine.

La Colombie, qui émerge de plusieurs décennies de violence et de guerre civile, est à une étape cruciale de son histoire. Le Parti libéral du Canada estime que des pays comme le Canada peuvent aider la Colombie à réaliser la paix, la justice et la réconciliation en l’aidant à renforcer et à consolider ses institutions publiques et à assurer une surveillance publique accrue dans le domaine des droits de la personne.

Le Canada ne doit pas tourner le dos à la Colombie et isoler ses habitants. Nous devons plutôt saisir l’occasion d’ouvrir des portes, de tendre la main à la Colombie et de travailler avec elle en vue de rompre le cycle de la violence et des violations des droits de la personne qui empêchent le pays d’atteindre son plein potentiel.

J’ai dit plus tôt que les accords commerciaux vont de soi sur le plan des affaires, mais je dois demander à tous les députés de tenir compte de la dimension humaine de cet accord de libre-échange.

L’Accord de libre-échange Canada-Colombie comprend les accords les plus solides en matière de travail et d’environnement que le Canada ait jamais conclus.

Le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a constaté des améliorations en Colombie en ce qui a trait aux droits de la personne, mais il reste beaucoup de chemin à parcourir. De nombreux obstacles se dressent sur la route du progrès, notamment la pauvreté résultant de taux de chômage obstinément élevé en Colombie.

Pour augmenter les échanges commerciaux, le Canada peut aider à bâtir l’économie légitime de la Colombie, créer de vrais emplois pour les Colombiens, y compris les plus vulnérables. Nous pouvons créer des possibilités qui incitent les Colombiens à délaisser la narco-économie, illégale et violente. En parallèle, cet accord de libre-échange peut renforcer la protection des travailleurs colombiens. Le Parti libéral croit que, grâce au libre-échange, le Canada peut aider à bâtir l’économie légitime de la Colombie, créer de vrais emplois et donner des possibilités à tous les Colombiens, surtout les plus vulnérables.

Il est important que les Canadiens sachent que cet accord fera l’objet d’une reddition de comptes. En fait, les rapports annuels, analysant les répercussions de cet accord de libre-échange sur les droits de la personne, qui seront déposés à la Chambre des communes, seront accessibles au public et débattus au Comité du commerce. Des témoins colombiens et canadiens seront entendus chaque année. Nous renforcerons la transparence de cet accord commercial et la reddition de comptes. Nous croyons qu’il servira d’exemple pour les accords commerciaux à venir entre les pays du monde entier.

Il est important de nouer des liens avec la Colombie et les Colombiens, à titre de partenaires, afin d’aider ces derniers à progresser vers un avenir plus paisible et plus prospère.

Je crois que cet accord, tel que modifié, renforcera le respect des droits de la personne sur une base continue et fera en sorte que le Parlement reçoive un rapport annuel concernant son incidence sur les droits de la personne et permettra de continuer le débat, de maintenir notre engagement et de renforcer les droits de la personne et des travailleurs en Colombie.

Au Canada, nous sommes très chanceux de vivre dans un pays ouvert, où il n’y a pas de conflits violents, de guerre civile et de torture, un pays prospère, respectueux de l’environnement et axé sur la cohésion sociale. Or, cette chance ne vient pas sans responsabilités. Nous devons garder ouvertes les voies de communication et agir en fonction des intérêts de tous les Canadiens et Colombiens. C’est pourquoi, nous voulons non seulement rendre le Canada meilleur, mais le monde aussi.

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