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Justin Trudeau, député

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Financement de la Fondation autochtone de guérison

Monsieur le Président, le 14 mars dernier, je présidais une consultation publique dans Papineau sur la condition féminine avec le chef du Parti libéral du Canada, le député d’Etobicoke—Lakeshore.

Lors de cette rencontre, nous avons eu une présentation de Nakuset, directrice du Foyer pour femmes autochtones de Montréal. Cet organisme, qui aide les femmes autochtones à atteindre l’équilibre grâce à une guérison fortifiée, est un sous-organisme de la Fondation autochtone de guérison. Le témoignage de Nakuset était si touchant que pour un instant, dans la salle, nous avons oublié toutes nos origines grecques, libanaises, sud-asiatiques ou autres. Nous étions tous, pour un moment, autochtones.

La demande de continuer à financer la Fondation autochtone de guérison a reçu l’appui de tous les gens présents, incluant notre chef. Dès le lendemain, ma collègue de LaSalle—Émard demandait à la ministre d’État (Condition féminine) comment elle pouvait prétendre assurer la sécurité de toutes les Canadiennes, dont les Autochtones, mais réduire le financement destiné à la Fondation autochtone de guérison et mettre ainsi en péril 134 projets dans tout le Canada, comme le Foyer pour femmes autochtones de Montréal.

Je suis persuadé qu’on ne sera pas étonné que selon sa bonne habitude, lorsqu’on pose une question précise à une personne en particulier, le gouvernement en fait répondre une autre. La réponse est donc venue du ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien. Ce dernier prétend investir plus de fonds et se félicite de s’être acquitté d’autres obligations dans le cadre de la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens.

Je sais qu’il y a 12 ans, le gouvernement libéral de l’époque a investi une somme de 350 millions de dollars et que ces programmes ont fait leur chemin. Ce sont des programmes qui sont établis et connus des communautés. Les laisser tomber serait un désastre pour les femmes autochtones du Québec et du Canada, et pour tous les survivants des pensionnats indiens.

Le gouvernement doit investir ses 199 millions de dollars non pas dans Santé Canada ou pour payer ses clémences, mais dans des organismes comme la Fondation autochtone de guérison, qui sont établis par des Autochtones, gérés par des Autochtones et à l’intention des Autochtones.
Le gouvernement a encore récidivé. D’un côté, il présente des excuses pour les pensionnats indiens et, de l’autre, il supprime le financement qui aide les victimes, les familles et les collectivités à aller de l’avant.

Depuis 1987, le Foyer pour femmes autochtones de Montréal, FFAM, fournit un soutien aux femmes des Premières nations, aux Inuites et aux Métisses en difficulté, ainsi qu’à leurs enfants. Le foyer fournit un environnement thérapeutique sûr et pertinent sur le plan culturel où les femmes autochtones peuvent se concentrer sur divers problèmes personnels comme la toxicomanie, la santé mentale, l’itinérance et l’abus.

Le refuge offre sur place des programmes et des services financés par le biais de la Fondation autochtone de guérison du Canada. Sans le financement de la fondation, à partir de demain, le 31 mars, le FFAM devra immédiatement mettre fin à tous ses programmes de guérison, ce qui aura des effets catastrophiques.

Le refuge ne sera plus en mesure de s’acquitter de son mandat qui consiste à fournir aux femmes et aux enfants autochtones le soutien global nécessaire pour leur donner la possibilité de retrouver leur indépendance et de réintégrer la collectivité. Le refuge ne pourra dorénavant assurer que les services alimentaires et d’urgence élémentaires.

En outre, l’effet cumulatif de ces coupes sur le FFAM entraînera la perte de plusieurs employés sensibles à la réalité culturelle autochtone. Les deux tiers de ces postes de guérison sont occupés par des femmes autochtones. En fait, l’une des guérisseuses s’est présentée au centre il y a des années, alors qu’elle était en crise et qu’elle avait elle-même besoin de guérison. Grâce au centre, elle soigne maintenant les autres. Voilà ce que permet de faire le financement de la Fondation autochtone de guérison.
Comme je le mentionnais plus tôt, ce sont 134 programmes comme ceux-là qui sont en péril. Des programmes qui, au cours des 12 dernières années, ont aidé plus de 205 000 individus à surmonter la violence, la dépression, le suicide, l’alcoolisme et la pauvreté.

Près de 50 000 personnes ont participé, à Montréal et partout au pays, à des ateliers de formation sur la famille, l’emploi et la vie saine.

Soyons bien clairs: il est absolument essentiel que ce programme soit maintenu sans faire l’objet de coupes budgétaires. La raison pour laquelle il a connu tant de succès est attribuable au fait que ce sont des programmes d’initiative autochtone, gérés par des Autochtones, pour des Autochtones.
Ce que les pensionnats indiens ont fait de plus tragique, c’est de saper et même d’éliminer la confiance d’un peuple en son identité et en ses capacités. La Fondation autochtone de guérison faisait contrepoids à cette histoire de dévastation. C’était un outil important pour redresser les erreurs accumulées pendant toutes ces années.

Les rapports d’évaluation de la Fondation autochtone de guérison produits par le gouvernement lui-même sont élogieux. L’autonomisation des personnes, des familles et de collectivités entières a vraiment été utile. Elle a permis de surmonter un passé tragique pour bâtir un avenir meilleur.
Je continue d’être sidéré par ce gouvernement qui tente constamment de diminuer le rôle du gouvernement canadien par son attitude de laisser-faire ou du « débrouillez-vous tout seuls », un gouvernement qui nous divise en tant que peuple, un gouvernement de petites politiques, de petite vision.

Nous sommes à la dernière heure. Il ne reste que trois heures, puisque le financement de ce programme se termine demain. Seul le gouvernement peut et doit intervenir.

Le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien a appuyé l’initiative de guérison basée sur la communauté établie par la fondation dans son rapport de décembre 2009, et il a même recommandé le maintien du financement de celle-ci.

L’Assemblée législative du Nunavut a voté de façon unanime pour demander au gouvernement fédéral de renouveler son engagement envers la fondation. Une multitude d’intervenants, dont la Commission de témoignage et de réconciliation du Canada, ont fait des sorties publiques en faveur de la Fondation autochtone de guérison.

Le Parti libéral du Canada et tous les députés de tous les partis de l’opposition demandent donc au gouvernement du Canada de reconsidérer sa décision de ne pas financer la fondation.

J’espère vraiment que, comme ce fut le cas pour l’entente sur l’éducation préscolaire et la garde des enfants et pour l’accord de Kelowna, le financement de la Fondation autochtone de guérison ne sera pas aboli seulement parce que c’était une bonne idée dont la seule lacune était de venir d’un gouvernement libéral.

Le Canada et tous les Canadiens, en particulier nos Premières nations, méritent mieux.

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