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Justin Trudeau, député

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Haiti

Madame la Présidente, dans le cadre d’un débat d’urgence comme celui-ci, nous exprimons tous nos opinions, nos réflexions et nos inquiétudes à l’égard d’une question très importante. J’aimerais connaître celles du secrétaire parlementaire.
Ce soir, j’espérais entendre dans le discours du secrétaire parlementaire une chose qu’il a malheureusement omise. Comment, selon lui, les Canadiens peuvent-ils aider le peuple haïtien à regagner confiance en leurs institutions et en leur propre gouvernement?
La vie de nombreux Haïtiens est prise en main par des partenaires et des organismes internationaux qui fournissent, dans bien des cas, les services élémentaires que l’État n’est pas capable d’offrir. À mon avis, nous devons notamment permettre aux Haïtiens de croire que leur gouvernement, donc eux-mêmes, pourra les guider dans le XXIe siècle.
Le secrétaire parlementaire pourrait-il nous dire comment il espère atteindre cet objectif?

Madame la Présidente, je vous remercie de me donner cette occasion de prendre la parole sur un enjeu extrêmement important. Je veux juste vous informer que je vais partager mon temps de parole avec le député d’Honoré-Mercier.
J’aimerais souligner d’abord les grands efforts qu’a faits mon collègue et grand ami, le député de Bourassa. Tout au long de cette crise, depuis ce fléau, depuis cet événement du 12 janvier, auparavant et dans l’avenir, il a été, il est et il sera toujours là pour nos collègues et amis de la communauté haïtienne qui sont à Montréal et en Haïti. Sa voix a porté très fort et il a toujours été présent. C’est grâce à lui si nous pouvons avoir ce débat ce soir. C’est important que nous puissions démontrer notre amitié pour le peuple haïtien et tous les partis ont pu faire cela ce soir.
Réellement, nos amis haïtiens ont vécu quelques années extrêmement difficiles. Leur pays a été dévasté par des fléaux naturels, que ce soit le déboisement, la pauvreté qui est ancré dans leur pays ou les ouragans en 2008 -— il y en a eu quatre coup sur coup qui ont fait énormément de dégâts. Juste quand le pays commençait à se rebâtir et à se reprendre, il y a eu ce séisme du 12 janvier qui a fait plus de 250 000 morts et plus de 1,5 million de sans-abri. Ils étaient littéralement dans la rue parce qu’ils ne voulaient même pas rentrés dans leur maison qui était encore debout de peur qu’elle ne tombe sur eux.
Présentement, presque 12 mois plus tard, le choléra fait des ravages. Il y a plus de 2 000 morts et des dizaines de milliers de personnes en danger. Par dessus tout cela, on a une crise humaine et une crise politique. On vient d’avoir ces élections entachées d’irrégularités. Au premier tour de scrutin, on a retenu deux candidats pour le deuxième tour et cela a créé une vague de violences un peu partout au pays, En effet, les Haïtiens ne croient pas et n’ont pas confiance dans ces résultats. Ils veulent un recomptage. Ils veulent savoir que leurs voix vont porter et ils n’en sont pas convaincus. Avec cette violence, dans cette instabilité, l’aide humanitaire dont dépendaient tant d’Haïtiens a quasiment cessé d’arriver et cela empire évidemment les choses.
Ce pays est en train de subir des catastrophes quasiment bibliques sur plusieurs fronts, que ce soit les infrastructures fragilisées, les épidémies, la malnutrition, la violence et l’anarchie causée par le manque de respect envers les forces de l’ordre. Toutefois, à mon avis, la plus grande catastrophe, c’est le bris total du sens de la communauté, de ce lien de confiance essentiel qui existe et qui doit exister entre un peuple et ses dirigeants. C’est un lien qui forme la base du contrat social. Au fond, les gens en Haïti ne croient plus que leur gouvernement peut leur offrir des services et qu’il est là pour les aider et les servir. Quand on parle de gouvernance, on sait que les Haïtiens sont inquiets par rapport aux élections qui se déroulent en ce moment. Ils ne peuvent avoir confiance dans le fait que leur vote a bien été compté, que leur désir collectif a été exprimé par ce scrutin. Or, le problème de gouvernance est beaucoup plus profond que cela. Ces Haïtiens ont complètement perdu l’espoir que leur État sera là pour eux, qu’il pourra leur livrer la sécurité et la prospérité que toute communauté doit pouvoir attendre de ses dirigeants.
Dans mon comté de Papineau, nous avons une grande communauté haïtienne. Depuis mon élection il y a deux ans, mais bien avant cela au cours de mon travail en tant que candidat, j’ai eu le grand bonheur de côtoyer et de créer des liens d’amitié avec beaucoup de membres de cette communauté. J’ai découvert encore plus ce que je connaissais avant, soit que les Haïtiens forment un peuple passionné, fier, plein d’espoir et plein de vie. C’est un peuple qui s’intéresse à la politique et à l’avenir de leur communauté et de leur société.

Le peuple d’Haïti a complètement perdu confiance dans la capacité de son État de fournir des services et même d’offrir une stabilité minimale. Ce soir, on parle du rôle du Canada, ce pays dont nous sommes si fiers et qui a toujours su intervenir dans le monde par sa force militaire lors de la Première Guerre mondiale ou de la Seconde Guerre mondiale. Avec notre diplomatie, on a eu un impact aux Nations Unies. Il y a aussi les positions qu’on a prises pendant la Guerre froide et pour le désarmement nucléaire. Le Canada a fourni une aide au développement dans le monde. Il a toujours été là pour répandre un peu plus de justice et créer plus de possibilités dans les pays les plus pauvres du monde. Le Canada a toujours été présent et est une source de solutions dans le monde.
C’est d’ailleurs pour cela que nous sommes si fiers de notre pays. Haïti a toujours été un bon ami du Canada, et vice versa. À cause de notre diaspora et de nos amitiés, nous avons souffert avec eux pendant ces années difficiles. Nous nous devons d’être présents dans ces moments difficiles et être à la hauteur de leurs besoins.
On a beaucoup parlé ce soir des besoins criants, essentiels et immédiats. Il faut être présent pendant les élections et aider à trouver des solutions qui redonneront au peuple une confiance dans ses institutions démocratiques. Il faut donner à la population un président qui sera le reflet de la volonté de ce pays. Il est important que la générosité exemplaire que les Canadiens ont démontrée dans les mois qui ont suivi le séisme soit validée en dépensant l’argent qu’on leur a offert et en ciblant l’aide adéquatement.
Il y a bien des choses qu’on peut faire sur le plan de l’agriculture pour rebâtir les fondements de ce pays. Il y a des choses que nous devons faire par rapport à la société civile et au sort des femmes. Ma collègue de Winnipeg-Centre-Sud a su parler très chaleureusement et en grande experte de la situation des femmes en Haïti et de l’importance de les impliquer. Mais pour moi, à la base, c’est comment nous aiderons les Haïtiens à avoir confiance à nouveau que leur État est capable de leur offrir des services.
Il y a une dizaine de milliers de différents organismes qui oeuvrent en Haïti — des ONG, des organismes locaux, des organismes internationaux. Ils sont tous là pour aider les Haïtiens. Je veux bien, mais c’est en train de créer un pays qui ne croit pas qu’il peut s’aider lui-même, qui a perdu confiance en lui-même.
Comme mes collègues de l’est de Montréal, j’ai la chance de côtoyer beaucoup de membres de la communauté haïtienne. Nous voyons à quel point c’est un peuple qui veut et qui peut améliorer sa situation. Il faut travailler en coordination avec les ONG en vue de responsabiliser le gouvernement et offrir l’expertise de notre diaspora pour inciter les Haïtiens à compter sur leur gouvernement, à croire en leur gouvernement. Ce n’est pas au Canada, aux Nations Unies, aux États-Unis, à la Croix-Rouge, mais aux Haïtiens eux-mêmes de se lever et de redonner son lustre à la perle des Antilles.

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