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Justin Trudeau, député

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La protection des eaux navigables

Monsieur le Président, je suis heureux d’intervenir dans le débat sur cette question, qui renvoie à une question tellement plus profonde que celle dont nous discutons maintenant.

D’abord, permettez-moi de dire qu’en tant que pagayeur de longue date je suis très préoccupé par les modifications à la Loi sur la protection des eaux navigables que le gouvernement conservateur a intégrées dans le budget.

Avant d’aborder cette question, j’aimerais parler des responsabilités qui nous incombent en tant que parlementaires, soit représenter nos électeurs et gouverner adéquatement pour l’avenir de nos familles et de nos concitoyens.

Le gouvernement et les membres du Parlement doivent répondre aux besoins des Canadiens. Nous sommes obligés d’être là pour nos concitoyens et ce qu’il faut faire, c’est de toujours prendre des décisions responsables. C’est bien facile pour le NPD, pour le Bloc, de toujours bloquer, de toujours s’opposer sans jamais avoir à proposer, sans jamais avoir à juger et à prendre parfois des décisions difficiles.
Je reconnais que nous avons eu plusieurs décisions difficiles à prendre lorsque nous avons été saisi du budget. Tout l’automne, les conservateurs ont continué de dire qu’il n’y avait pas de crise économique, qu’ils dégageraient un excédent budgétaire et que tout allait bien. Nous avons dû les pousser jusqu’à la limite pour qu’ils reconnaissent la situation. Après, nous avons dû les pousser pour qu’ils dépensent, pour qu’ils commencent à faire bénéficier les Canadiens des mesures de relance dont ils ont un urgent besoin.
Ces mesures sont-elles suffisantes? Probablement pas, mais elles valent beaucoup mieux en tout cas que tout retard dans nos interventions, elles valent beaucoup mieux que de faire subir aux Canadiens d’autres coûteuses élections qui donneraient probablement lieu à l’élection d’un gouvernement minoritaire semblable à celui-ci, alors que les Canadiens perdent leurs emplois, que les familles n’arrivent plus à planifier pour l’avenir, que les enfants s’inquiètent parce qu’ils entendent leurs parents discuter tard dans la nuit tandis que les factures s’empilent et que les perspectives d’emploi sont de moins en moins probables.
Le Canada est en crise. Bien avant la présentation du budget, les députés néo-démocrates ont annoncé qu’ils ne sauraient l’appuyer.

Le Bloc québécois a quant à lui proposé des amendements irréalistes et inacceptables.

Le Parti libéral a regardé ce que les conservateurs ont fait. Il s’agit effectivement d’un budget conservateur et on le comprend. Toutefois, la coalition des libéraux et du NPD, avec l’appui du Bloc québécois, a pu forcer ce gouvernement à faire des mesures positives pour notre économie, à proposer des choses dont on avait réellement besoin.

Il est vrai qu’en même temps, les conservateurs ont choisi de glisser à l’intérieur de ce budget des mesures qui ne sont pas positives pour le Canada. Par exemple, les mesures concernant l’équité salariale pour les femmes ne sont pas de bonnes mesures de leur part et sur la question de la protection des eaux navigables, on constate effectivement de véritables faiblesses à cet égard.

Le Parti libéral a cependant décidé que, pour le bien des Canadiens, il fallait accepter qu’on sorte de l’argent immédiatement.

Toutefois, la question des eaux navigables mérite d’être soulevée et elle m’inquiète. Les pouvoirs accordés au ministre permettraient au gouvernement de contourner certains des éléments déclencheurs des évaluations environnementales. On fait ainsi disparaître les termes « barrage », « déversoir », « train de flottage », « pont », « pont-jetée » des procédures d’évaluations environnementales automatiques. C’est une stratégie qui permet d’accroître les pouvoirs des ministres et qui est semblable à celle utilisée pour donner plus de pouvoirs au ministre dans la Loi sur l’immigration que les conservateurs ont adoptée l’an dernier.

Le droit des Canadiens d’explorer les voies navigables de leur pays fait intrinsèquement partie de leur identité de Canadiens. Le droit dont nous jouissons d’explorer ce grand pays, comme des générations de nos ancêtres l’ont fait avant nous grâce à nos voies navigables, existait bien avant la Confédération. il remonte en fait à l’empire romain. Il est essentiel que les Canadiens aient libre accès aux eaux navigables.
Toutefois, la Loi sur la protection des eaux navigables est plus que centenaire. Elle a été adoptée en 1882. Elle doit être refondue et c’est la raison pour laquelle les libéraux ont travaillé très fort en comité l’année dernière pour apporter une contribution positive à ce dossier. Mais le gouvernement conservateur a inséré ces modifications en douce, sans possibilité de discussion ou de débat en vue d’un consensus positif. Puis il a affirmé que, si nous n’acceptions pas le projet de loi qu’il a présenté dans son intégralité, bien qu’il ne traite pas uniquement de relance, il déclencherait des élections.

Nous avons donc des choix difficiles à faire ici. Nous pouvons essayer de protéger nos emplois, sans protéger ceux des Canadiens, ou nous pouvons dire plutôt que les Canadiens ont grand besoin d’aide et qu’ils en ont besoin maintenant. Nous devons les appuyer. Ils ont besoin de nous pour stimuler l’économie et leur permettre d’occuper des emplois plus sûrs et d’obtenir une formation pour l’avenir et pour donner aux collectivités les moyens de dépenser pour réaliser les projets d’infrastructure dont elles ont tant besoin.
Y a-t-il des lacunes dans le budget? Sans contredit.

Il est très facile pour le Bloc et le NPD de monter sur leurs grands chevaux et de dire combien il est épouvantable que nous laissions passer cette loi. Ils n’ont pas à prendre ces graves décisions. Ils se sont déchargés de ces responsabilités. Ils sont heureux de s’opposer. Toutefois, le Parti libéral a l’intention de former le prochain gouvernement et il doit donc faire preuve de responsabilité. Lorsque les Canadiens se tourneront vers nous et nous demanderont pourquoi nous n’avons pas appuyé le budget ou les sommes d’argent qui en auraient découlé, nous n’aurons rien à leur répondre si nous y faisons obstruction.
Les pressions exercées par les députés libéraux ici et au comité ont permis d’obtenir une disposition prévoyant l’examen obligatoire de la Loi sur la protection des eaux navigables tous les cinq ans. Cela signifie que ces dispositions ne s’appliqueront pas nécessairement éternellement. Le Parti libéral croit en effet qu’il est temps de procéder à une révision complète des mesures d’évaluation environnementale afin de protéger adéquatement les Canadiens et de créer un juste équilibre entre l’économie et l’environnement. Il ne fait aucun doute que l’économie et l’environnement iront dorénavant de pair. Il serait toutefois irresponsable de voter contre le budget actuel simplement parce qu’il n’a pas été présenté par les libéraux.

Il faut reconnaître un certain mérite aux conservateurs. Ils ont remonté toute une pente en annonçant des dépenses contraires à leur idéologie et destinées à aider les Canadiens. Nous les en félicitons. Les défis qui nous attendent signifient toutefois qu’il nous faut collaborer. Ce serait magnifique si, pour une fois, les néo-démocrates lisaient les mesures législatives avant de décider de s’y opposer. Ils croient ainsi défendre les intérêts du peuple, comme les bloquistes croient défendre ceux des Québécois.

Nous devons vraiment défendre les intérêts du peuple. Cela signifie passer à l’action. Que cela nous plaise ou non, les Canadiens ont élu un gouvernement conservateur. Notre tâche consiste à assurer le fonctionnement du Parlement. C’est ce que fait le Parti libéral. Il fait en sorte que ce budget imparfait serve bien les Canadiens. Il s’assure que les opposants qui souhaitent déclencher des élections ou former une coalition instable ne parviennent pas à leurs fins et que les Canadiens obtiennent l’aide dont ils ont besoin.

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