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Justin Trudeau, député

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Les droits environnementaux et la loi C-469

Monsieur le Président, je suis heureux de me lever aujourd’hui pour prendre la parole au sujet du projet de loi C-469, Loi portant création de la Charte canadienne des droits environnementaux.

Depuis le début du XXIe siècle, on se rend de plus en plus compte qu’on ne peut plus prétendre séparer l’économie et l’environnement. On comprend que les deux viennent ensemble et doivent être considérés comme un tout pour créer une prospérité pour notre pays, nos citoyens et nos communautés. J’irais même plus loin et je dirais que la civilisation humaine ne peut plus être séparée de notre planète et de cet environnement qui nous nourrit.

Nous habitons de plus en plus dans les villes et tenons pour acquis ce qui nous nous nourrit et ce qui nous soutient. Notre nourriture vient des supermarchés. On ouvre le robinet et l’eau coule. Pour l’énergie, on n’a qu’à se rendre dans une station-service et utiliser la pompe pour avoir de l’essence ou bien on a qu’à brancher nos appareils dans les prises de courant et ils sont alimentés par l’électricité. On tient tout cela pour acquis.

Nous ne remettons pas en question, dans une mesure réellement troublante, la capacité de notre planète à pourvoir à notre subsistance, à nous faciliter l’existence, à nous donner les moyens de vivre nos vies riches et pleinement satisfaisantes. Nous faisons cela parce que, au cours des siècles, la capacité de notre planète à se renouveler, à se reconstituer, à se remettre elle-même des maux, des catastrophes naturelles ou des changements d’origine humaine a semblé infinie.

Toutefois, les choses ont changé pendant la dernière partie du XXe siècle et, maintenant, au XXIe siècle, la situation est différente. Nous avons commencé à saturer notre planète, pas nécessairement du point de vue démographique même si nous sommes en voie d’atteindre le nombre de 10 milliards d’habitants, mais compte tenu de notre empreinte écologique.

En ce moment même à la Chambre, tous les députés du Parlement portent des vêtements, utilisent des appareils électroniques qui se trouvent à leur poignet et dans leurs poches, ont ingéré de la nourriture qui se trouve dans leur estomac. Nous tirons des quatre coins de la planète des choses qui semblent venir d’ici même.

Nous ne pouvons plus prétendre que nous ne sommes pas profondément liés à la terre. Nous ne pouvons plus simplement supposer que nous pouvons aller jusqu’à un certain point. Il y a deux postulats que nous avons tendance à ne plus remettre en question et qui ne sont plus valables dans notre civilisation et dans notre société du XXIe siècle.

La première de ces hypothèses concerne l’espace et le fait que nous en aurons toujours, que nous aurons toujours de la place pour croître à l’infini, que les ressources sont inépuisables et que le fait de jeter des objets dans l’environnement ne comporte pas de conséquences puisque ces objets se dégraderont et disparaîtront. Nous pensons de cette façon parce que l’homme pense de cette façon depuis des siècles et des millénaires, depuis qu’il vit dans des villes, voire avant. Toutefois, nous ne pouvons plus ignorer les conséquences de nos gestes les plus anodins, car ils s’additionnent et ils finissent par entraîner d’énormes conséquences.

Nous pensons de la même façon en ce qui concerne le temps. Nous croyons que la planète aura le temps de se renouveler, que nous aurons le temps de modifier nos comportements et que nous aurons tout le temps voulu pour réagir aux crises. Nous avons toujours pensé de la sorte parce que cela nous a servis. Nous avons toujours cru que les gestes que nous posions collectivement ne pouvaient pas avoir de grandes répercussions sur la planète.

Les choses ont changé. Nous ne pouvons plus nous en tenir à ces hypothèses. Nous devons commencer à comprendre et à respecter les liens qui nous unissent à la terre.

Le Canada est un pays extraordinaire qui est défini avant tout par son territoire. Notre vaste pays s’étend d’un océan à l’autre. Notre capacité de nous imaginer et de nous définir dépend de notre capacité de reconnaître l’immensité qui nous entoure, la taille des collectivités et les distances qui les séparent de même que la diversité géographique extraordinaire que nous offre notre pays, du sommet des montagnes aux forêts en passant par les plaines, les marécages et la toundra des collectivités côtières.

Où que nous soyons au Canada, nous sommes entourés d’un vaste territoire. Nous n’y pensons pas lorsque nous sommes dans les villes. N’oublions pas que nous ne faisons qu’un avec la nature et avec les écosystèmes et que c’est grâce à eux que nous vivons une vie remplie et enrichissante. Nous pourrions tenir tout cela pour acquis encore longtemps, mais ce n’est plus possible.

Si notre territoire nous définit, il en va de même des principes et des valeurs énoncés dans notre Constitution et notre Charte des droits, nos documents fondamentaux. L’idée d’enchâsser le droit à l’air pur ou à l’eau pure dans de tels documents nous aurait semblé stupide il y a 100 ou 500 ans. Il n’était pas nécessaire d’enchâsser un tel droit, puisque il était évident que tous les humains avaient ce droit. C’est un peu comme si on avait voulu légiférer pour indiquer que les humains obéissent à la loi de la gravité.

Malheureusement, la réalité a changé. Nous devons prendre un instant à la Chambre pour articuler et consacrer ces principes que nous avons toujours tenus pour acquis, ce que nous ne pouvons plus faire aujourd’hui.

La discussion sur la proposition présentée par la députée d’Edmonton—Strathcona mérite toute notre attention. Il est gênant que nous devions discuter de cette question et que nous devions envisager la possibilité que le gouvernement fédéral et le Parlement présenteraient des lois et des projets de loi qui ne tiendraient pas compte du droit des êtres humains de vivre dans un environnement sain et écologiquement équilibré.

Malheureusement, c’est ce que nous devons faire maintenant. Quand nous examinons les différents pays et les différentes juridictions qui ont présenté de telles initiatives et qui ont défendu la possibilité et la nécessité de tenir compte des droits environnementaux et des responsabilités environnementales dans toutes les mesures législatives adoptées, nous constatons que cela a de nombreuses conséquences positives. En effet, cela améliore les lois et la mise en oeuvre, accroît l’engagement du public, rend les tribunaux plus actifs et améliore la reddition de comptes.

C’est ce que nous devons commencer à examiner. Nous devons comprendre que l’environnement n’est pas seulement quelque chose qui se passe à l’extérieur. L’environnement ne concerne pas seulement les arbres, les oiseaux et les papillons. Il concerne des êtres humains qui respirent, mangent, boivent, construisent, rêvent et espèrent. Nous pouvons seulement atteindre cet objectif si nous jetons des bases solides qui respectent le monde qui nous entoure.

Le Parti libéral est heureux que ce projet de loi ait été présenté afin que nous puissions en discuter, examiner les meilleures façons de le mettre en oeuvre, l’étudier au comité et nous assurer que le Canada présente des lois et des principes qui sont respectueux de l’environnement.

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