Skip to main content

Justin Trudeau, député

Search justintrudeau.liberal.ca

L’investissement dans des services pour les jeunes

— Monsieur le Président, lorsque je me suis fait élire, j’ai fait des promesses aux gens de Papineau. Je leur ai promis d’être une voix forte pour eux ici, en cette Chambre, et d’être à la hauteur pour prendre des mesures qui allaient réellement aider les gens de ma communauté. Les défis sont énormes pendant cette crise économique, et les opportunités sont aussi grandes.

J’ai souvent dit que la force de Papineau, c’est son entraide. Maintenant que nous faisons face à cette crise, c’est un moment où l’entraide devient de plus en plus importante. Si c’est bon pour Papineau, c’est aussi bon pour le Canada en entier. L’entraide est une des valeurs qui nous rassemble. Les Canadiens ont des valeurs, dont celle d’être là les uns pour les autres. C’est justement ce dont on a besoin ces jours-ci.
Même si toute crise économique présente des difficultés, elle offre également des occasions pour le gouvernement d’aider les Canadiens. Cependant, nous devons trouver des moyens d’aider les Canadiens en obtenant non seulement des résultats immédiats, mais aussi des résultats durables qui bénéficieront aux générations futures.

Il est extrêmement important pour nous de profiter de l’occasion d’investir dans nos collectivités et dans nos organismes sans but lucratif, qui font déjà un extraordinaire travail en venant en aide aux Canadiens qui sont dans le besoin. Nous devons assurer des sources de financement stables aux organisations communautaires et aux organismes caritatifs qui travaillent si fort pour aider nos aînés, nos jeunes, les personnes en difficulté, les familles de travailleurs ou les mères seules.

Parallèlement, on constate ici au Canada une crise parmi les jeunes, qui s’interrogent sur le sens de l’existence. Ils se demandent où est leur place dans ce monde si vaste qu’il faut envisager de plus en plus dans une perspective planétaire, alors qu’on leur dit chaque jour d’une façon ou d’une autre qu’ils sont sans importance, qu’ils seront importants un jour, mais que, pour le moment, ils devraient se contenter de ne pas faire des vagues et de vaquer à leurs petites affaires. Ils nous demandent alors en quoi devraient consister ces petites affaires au juste et nous n’avons rien à leur répondre.

Investir dans la jeunesse devrait être pour nous quelque chose d’essentiel, non seulement dans l’intérêt des jeunes, mais aussi dans celui de la société dans son ensemble. Si nous arrivons à jumeler des jeunes qui cherchent des moyens de faire leur part dans la société à des collectivités et à des organisations communautaires qui ont besoin d’aide pour permettre à des Canadiens de surmonter leurs difficultés, non seulement en ces temps difficiles, mais aussi en temps de prospérité, alors nous aurons créé une ligne de force pour le Canada, dans l’authenticité et dans la pérennité.

Les jeunes se font souvent reprocher d’être apathiques, déconnectés et cyniques. À vrai dire, ils sont parfois un peu cyniques, apathiques et frustrés devant ce monde qu’ils observent, mais ce n’est pas parce qu’ils ne s’en soucient pas. Au contraire. C’est justement parce qu’ils s’en préoccupent qu’ils sont si frustrés de ne pas trouver le moyen de participer à la création d’un monde meilleur. Ils n’ont pas voix au chapitre pour la transformation d’un monde dont ils hériteront pourtant un jour.

Par la motion que je propose à la Chambre, je demande au Comité des ressources humaines d’étudier des pratiques exemplaires dans diverses régions du monde, de se mettre à l’écoute des partenaires du monde communautaire, du monde provincial et du monde municipal, des ONG, des universités, des écoles, de personnes qui oeuvrent auprès des jeunes et des jeunes eux-mêmes, en vue d’élaborer une politique concernant un service national pour la jeunesse canadienne.

Une politique nationale de service volontaire pour la jeunesse indiquerait simplement à tous les jeunes Canadiens qui veulent servir leur pays que nous leur donnerons la possibilité de le faire. Il semble évident que les jeunes qui veulent se rendre utiles devraient avoir la possibilité de le faire. Pourtant, des dizaines de milliers de jeunes présentent des demandes à des programmes et des organisations partout au pays, des organisations qui ont un impact aux échelles nationale, locale, provinciale ou régionale, et se font refuser leur aide à cause du manque de financement et de l’absence de volonté du gouvernement et de la Chambre d’investir dans nos jeunes pour leur donner les outils, les compétences et les connaissances nécessaires pour qu’ils deviennent des citoyens solides, engagés et dévoués.

Il resterait à peaufiner cette politique par le biais de consultations. Je ne prétends certainement pas connaître toutes les réponses, loin de là. Mais il y a bon nombre d’organisations, de particuliers et de groupes au Canada qui se sont employés à trouver des façons de faire participer les jeunes à des activités de bénévolat à long terme, afin que notre pays puisse répondre aux besoins des nombreuses collectivités et personnes qui sont en difficulté.

C’est important de souligner que ce que je propose, c’est qu’on établisse une politique selon laquelle tout jeune qui voudrait servir son pays se verrait doté de la possibilité de le faire.

On n’est pas en train d’établir un programme pour cela. On n’est pas en train de dire que c’est ce dont le Canada, les communautés et les provinces ont besoin. On est tout simplement en train d’établir une structure par laquelle les jeunes auraient le choix, plusieurs choix. Ils pourraient voir comment ils veulent servir, et il y aurait une structure par laquelle les provinces, les municipalités, les organismes non gouvernementaux et les organismes charitables communautaires pourraient se qualifier et pourraient aller chercher des bénévoles — des jeunes Canadiens qui vivraient peut-être dans leurs communautés, mais qui viendraient peut-être de l’autre bout du pays — pour pouvoir donner à l’ensemble des Canadiens les services si bien donnés par les organismes communautaires.

Ce n’est pas à nous, ici, de dire que telle région a besoin de jeunes pour planter des arbres; que telle autre région a besoin de ceci ou de cela. Il s’agit de donner les moyens de répondre aux besoins de nos communautés.

Faire profiter les collectivités des efforts de jeunes bénévoles est une façon pour le gouvernement de répondre aux besoins bien réels des collectivités de toutes les régions du Canada. C’est une possibilité exceptionnelle.

Il faut étudier de nombreux modèles et solutions différents en vue de les appliquer.
Premièrement, qu’est-ce que le service volontaire? Il y a deux grands courants de pensée sur le sujet. Il y a le modèle typique de l’année de congé, qui est en vigueur dans de nombreux pays européens, dont l’Angleterre. Le rapport de la commission Russel, paru il y a quelques années, recommandait justement l’adoption d’une politique nationale de service volontaire pour la jeunesse.

Les jeunes qui prennent une année de congé, habituellement entre la fin des études secondaire et le début des études postsecondaires ou l’entrée sur le marché du travail, en profitent souvent pour voyager ou pour travailler à divers endroits. Ils acquièrent ainsi de l’expérience de travail et des compétences qui n’ont pas nécessairement de lien avec leur future carrière, mais qui peuvent leur donner des habitudes d’engagement communautaire qu’ils garderont en tant qu’adultes actifs et engagés. L’année de congé est l’occasion pour les jeunes de trouver ce qu’ils aiment faire et, souvent, ce qu’ils ne veulent pas faire. Lorsque les jeunes vieillissent et deviennent des puissants catalyseurs de changement dans leurs collectivités, ces expériences prennent une grande importance.

Il y a aussi le modèle de style réserve militaire dans le cadre duquel les jeunes consacreraient au service civique une fin de semaine par mois durant l’été pendant un certain nombre d’années. Cela nous donnerait une structure qui nous permettrait d’avoir accès à un bassin de jeunes qui auraient reçu une formation et à qui on pourrait faire appel au besoin. Les organisations de service peuvent cibler les quartiers défavorisés, les régions rurales et les petites villes. Elles pourraient cibler le Grand Nord et les réserves autochtones. Nous pourrions offrir aux jeunes Canadiens la possibilité de servir de différentes façons, y compris à l’étranger. L’engagement que nos jeunes Canadiens peuvent avoir dans le contexte de la mondialisation est considérable et nous devons examiner comment le service national des jeunes encouragerait aussi le service à l’étranger.

Cette motion a pour objet d’amorcer un dialogue et d’entamer ici à la Chambre des discussions formelles sur ce que nous voulons que nos jeunes deviennent et sur les valeurs et les responsabilités canadiennes que nous souhaitons les voir chérir une fois adultes.

La façon dont nous tendrons la main aux jeunes et les occasions que nous leur fournirons sont des facteurs de la plus haute importance. Nous ne pouvons simplement nous croiser les bras et espérer qu’un jour ils voudront se porter volontaires. Nous devons leur montrer que nous sommes prêts à investir en eux afin de leur donner des occasions de servir.

Toutes les personnes qui siègent à la Chambre des communes et qui ont l’honneur d’être ici connaissent la valeur du service.

Nous tous rassemblés ici en cette Chambre, nous comprenons l’importance du service, de servir son pays. Nous avons tous été extrêmement chanceux d’avoir pu arriver ici, que des gens nous aient encouragés et nous aient fait comprendre qu’il est important d’être impliqué, qu’il est important d’être présent.
J’espère sincèrement que cette mesure permettra à plus de jeunes de comprendre les responsabilités rattachées au service et la satisfaction extraordinaire qu’on ressent quand on peut servir.
Nous disons souvent que nos jeunes doivent être nos leaders de demain. Cela ne veut rien dire si nous ne leur donnons pas les outils nécessaires pour être des leaders aujourd’hui. Si nous tendons la main à nos jeunes maintenant et que nous leur donnons les outils qu’il faut, monsieur le Président, imaginons tous ensemble le Canada que nous pourrions construire.

Flickr

Next »

Contact us

Riding Office
529, rue Jarry est, bureau 302
Montréal (Québec) H2P 1V4
T: (514) 277-6020
E: trudeau.j@parl.gc.ca