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Justin Trudeau, député

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Notre système d’immigration

Monsieur le Président, c’est un plaisir d’être à la Chambre aujourd’hui pour parler d’immigration. Il s’agit là d’un enjeu très important pour le pays et pour le Parlement, mais aussi pour l’avenir des familles et des gens qui sont au Canada pour y bâtir leur vie et y apporter leur contribution.
Notre pays s’est construit sur l’immigration. De tous les coins du monde, les gens sont venus ici pour se bâtir des vies et créer un pays riche sur le plan économique, mais aussi en termes de justice sociale et de liberté. On est en train de voir aujourd’hui que le secteur de l’immigration doit relever de nouveaux défis, et le fait est qu’il faut s’y ajuster.

Le fait est que les vagues d’immigration que nous avons connues au cours des dernières décennies ont permis à des gens qui avaient des connaissances linguistiques limitées et des compétences en demande sur le marché du travail de réussir. Ils en ont été capables quand l’industrie de la construction florissait dans ma circonscription, Papineau, après la guerre ou pendant les premières vagues d’immigration, à l’époque de la colonisation des Prairies. Des familles sont arrivées, ont construit leurs vies et ont réussi sur le plan économique sans beaucoup de soutien pour s’intégrer.
Le fait est qu’aujourd’hui, les choses changent. Ceux qui immigrent au Canada ne doivent pas s’attendre à trouver à leur arrivée un emploi bien rémunéré qui leur permettra de subvenir aux besoins de leurs enfants, de payer le loyer et d’assurer l’avenir de leurs familles, à moins d’acquérir les compétences pour ce faire. Nous vivons dans une économie axée sur les services et le savoir, une économie où les compétences linguistiques, professionnelles et sociales sont essentielles pour réussir, alors qu’elles ne l’étaient pas il y a 20 ou 50 ans.
Il ne s’agit pas seulement d’encourager les gens à immigrer au Canada; c’est certes très important comme en témoignent le vieillissement de la population et les faibles taux de natalité. Nous devons attirer les individus les plus brillants sur la planète afin de continuer de créer un pays et une économie prospères. Accueillir des immigrants est important, mais la manière dont nous les accueillons et les outils que nous leur donnons pour réussir le sont tout autant.
L’année dernière, nous avons accueilli 281 000 personnes dans ce pays, un record. C’est illogique et inadmissible qu’au moment où nous accueillons plus d’immigrés que jamais depuis des décennies, nous coupions aussi dans les services d’intégration.
Le ministre a raison: il y a une réaffectation des ressources parce que les gens s’installent en différents endroits. Il n’en reste pas moins que les services d’établissement offerts aux nouveaux arrivants sont amputés de 53 millions de dollars.

Il est facile de dire qu’on coupe dans les budgets.

Cependant, de simplement couper les services d’intégration n’est ni dans l’intérêt du Canada ni dans celui de nos nouveaux arrivants. On exige beaucoup de notre système de sécurité sociale et de notre système économique, qui encadrent ces gens quand ils n’ont pas d’emploi. De fait, les services qu’on doit offrir finissent par coûter plus cher en aide sociale que ce qu’il en coûterait d’enseigner à ces personnes, de les encadrer, de leur offrir de la formation pour qu’elles puissent contribuer à la société.
C’est illogique, et on voit malheureusement assez régulièrement cet illogisme dans les décisions de ce gouvernement. Il préfère couper ici et là et nous laisser plus pauvres à long terme. On le voit en matière de criminalité: le gouvernement veut bâtir des prisons qui ne vont pas nous donner plus de sécurité. On le voit ici: il fait des coupes au détriment des plus vulnérables.
Les gens qui arrivent au Canada veulent seulement apporter leur contribution, se sentir utiles, construire leur vie, prendre soin de leur famille, et aussi aider à modeler ce grand pays qui est le nôtre. Le fait est que si nous réduisons les services d’établissement alors que nous voyons arriver plus de gens que jamais, c’est une erreur.
Le ministre aime beaucoup parler du fait que le financement actuel est plus important qu’il ne l’était en 2005. Les ententes signées en novembre 2005 étaient des ententes quinquennales qui ont conduit à cette croissance du financement. C’est un gouvernement libéral qui a examiné le montant que nous dépensions pour les services d’établissement et qui a estimé qu’il fallait investir davantage dans les services linguistiques, l’intégration et la formation professionnelle. Il a donc signé des ententes quinquennales pour doubler et tripler le financement des agences d’établissement.
Cinq ans après 2005, ces ententes ont commencé à expirer. C’est pour le gouvernement conservateur la première occasion de commencer à sabrer dans ces programmes. C’est la première fois qu’il peut le faire depuis que le financement a augmenté au fil des ans, compte tenu de son importance. Dès qu’une occasion s’offre aux conservateurs de sabrer dans le financement augmenté par les libéraux, ils le font aux dépens des personnes vulnérables qui ne veulent rien de plus que de contribuer à notre société.
Le gouvernement se conduit de façon paradoxale. D’une part, il accueille les gens, mais de l’autre, il ne leur donne pas la possibilité d’apporter leur contribution et d’apprendre.
Nous savons aussi que lorsque nous voulons que les gens réussissent et que nous faisons venir des immigrants de la meilleure qualité possible, nous devons les inciter à réussir. Nous devons les former et leur permettre de suivre des cours de langue, mais pour les inciter à venir, nous devons leur offrir la réunification familiale, en sachant que la possibilité de faire venir ses parents et grands-parents n’est pas seulement une question sociale, mais aussi une question économique étant donné que ces personnes peuvent aider à prendre soin des enfants. Le gouvernement a fait en sorte que les services de garde d’enfants soient gravement sous-financés et qu’il y ait moins de places en garderie.
Nous devons offrir la réunification familiale pour attirer les immigrants les meilleurs et les plus brillants du monde entier qui souhaitent venir au Canada élever leur famille parce qu’ils savent qu’ils pourront faire venir leurs parents et grands-parents, leur système de soutien.
La réduction de notre système d’immigration, la réduction de notre capacité à faire venir les gens les meilleurs et les plus brillants du monde entier pour qu’ils bâtissent notre pays, voilà quel est vraiment l’enjeu.
Le ministre s’empresse de souligner que le financement était moins élevé en 2005 sous le dernier gouvernement libéral, mais nous avons prévu des hausses de financement dont le gouvernement a bénéficié. Si nous voulons revenir sur le passé, les gouvernements libéraux précédents ont financé davantage d’immigration que les gouvernements conservateurs précédents et avant cela, le gouvernement conservateur a davantage financé l’immigration que le gouvernement libéral qui l’a précédé.
Nous avons augmenté notre financement au fil des années. Il est temps que le gouvernement cesse de se définir en fonction de ce qu’il fait, selon ses propres paroles, différemment ou mieux que les gouvernements précédents et qu’il commence à voir quels sont les besoins réels. Le gouvernement doit comprendre que les gens ont besoin d’aide et de soutien, non pas pour recevoir la charité, mais pour contribuer à l’économie de notre pays.
Notre petit pays n’arrivera à réussir à l’échelle mondiale en tant qu’économie que si on offre la possibilité à tous et à toutes de développer leur plein potentiel. Le fait que des ingénieurs puissent être des chauffeurs de taxi et que des gens détenant un doctorat ne puissent pas trouver un emploi parce qu’ils ne reçoivent pas suffisamment d’encouragement et d’aide pour suivre la formation nécessaire, ce n’est pas bâtir le pays dont nous avons besoin.
Fondamentalement, le ministre et le gouvernement sont en train de dire que c’est une réaffectation. Certes, il y a des fonds qui sont réaffectés. Je suis très content que la Colombie-Britannique, Terre-Neuve et toutes les autres provinces en reçoivent plus, mais faire une coupe de 53 millions de dollars, ce n’est pas investir dans la prospérité de ce pays dont nous avons besoin.

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