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Justin Trudeau, député

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Parlement sous le gouvernement Harper

Madame la Présidente, je vais partager le temps qui m’est alloué avec le député de Toronto-Centre.

« Que cette Chambre a perdu la confiance dans ce gouvernement. » Ce n’est pas quelque chose qu’on dit à la légère, c’est quelque chose que le Parti libéral dit après une réflexion sérieuse, après des consultations avec des Canadiens d’un bout à l’autre de ce pays, et surtout, après avoir vu à quel point ce gouvernement n’a pas été en mesure de fournir aux Canadiens l’aide dont ils ont besoin en ces temps difficiles.
Ce n’est pas une question de vouloir une élection, c’est tout simplement que le Parti libéral ne peut pas prétendre faire encore confiance à ce gouvernement et ne peut pas croire que ce gouvernement est à la hauteur de la tâche que les Canadiens lui ont confiée.

Jadis, le travail de député à la Chambre avait une signification. C’était un endroit où avaient lieu de véritables débats, de véritables discussions sur les façons d’aider les Canadiens à mieux prendre part à notre prospérité économique et à concrétiser leurs espoirs et leurs rêves. C’était un lieu où se déroulaient de véritables conversations sur les façons de transformer nos valeurs en politiques et de relever les grands défis qui se pointaient à l’horizon, où nous nous penchions sur notre cheminement en tant que peuple et pays.

Mon grand-père, député de Vancouver-Nord, était ici il y a 70 ans lorsque la Chambre a débattu de la montée du fascisme en Europe puis, une fois la Deuxième Guerre mondiale terminée, des façons d’industrialiser et de solidifier le secteur manufacturier canadien. C’étaient là de véritables débats. Il y a 40 ans, mon père était ici pour s’attaquer au dossier du bilinguisme et examiner comment le Canada pourrait défendre le bien dans le monde et assurer un équilibre dans les conflits liés à la guerre froide. C’étaient là des dossiers déterminants de leur époque.

Maintenant, nous semblons avoir abandonné le navire en ce qui concerne les dossiers déterminants de notre époque. Que fait le gouvernement au sujet de l’environnement, sur ses répercussions sur le Canada et sur le reste de la planète, cette planète que notre civilisation contribue à transformer? Que faisons-nous?
Que fait le gouvernement sur le front de la lutte contre la pauvreté, la pauvreté extrême qui sévit aux quatre coins du monde, mais aussi dans nos collectivités, particulièrement les collectivités autochtones? Le gouvernement n’a rien fait pour lutter contre la pauvreté. Il a été insensible aux pressions exercées par les députés de cette moitié-ci de la Chambre.

Le gouvernement ignore les enjeux qui définissent notre époque.

Ce qui est paradoxal, c’est qu’au moment où le Parti libéral dit que la Chambre n’a plus confiance au gouvernement, les Canadiens laissent entendre qu’ils ne croient plus guère en la capacité de cette assemblée de s’attaquer aux enjeux prioritaires.

Personne n’a toutes les réponses. Les électeurs des 308 députés représentant toutes les parties du Canada nous ont élus pour que nous tentions d’atteindre des compromis, pour que nous adoptions des politiques qui nous aideront à traverser ces temps difficiles, pour que nous collaborions et que nous soyons dignes de la confiance qu’ils ont placée en nous. Combien de fois le gouvernement nous a-t-il poussés à faire faux bond aux Canadiens à l’égard de ces responsabilités.

Quand on voit le gouvernement se féliciter de l’ambiance qu’il a créée à la Chambre des communes, une ambiance caractérisée par les attaques, la division et la partisanerie extrême, force est de constater qu’il met en pratique l’idéologie de l’aile droite conservatrice, c’est-à-dire amener les Canadiens à moins croire en leur gouvernement, à moins attendre de leur gouvernement, et les convaincre que les gouvernements ne devraient pas intervenir, sauf, bien sûr, pour offrir des solutions à court terme à des problèmes urgents du point de vue électoral.

Les Canadiens n’ont pas besoin de cela. Malheureusement, il est prouvé que les politiques de division peuvent être très efficaces: gagner des votes, plaire aux électeurs et négliger ceux qui ne votent pas dans le bon sens. Le gouvernement actuel fournit la preuve que c’est une bonne façon de se faire élire, mais il fournit aussi la preuve qu’il ne peut pas gouverner un pays aussi divers que le Canada de l’est à l’ouest, du nord au sud, un pays urbain et rural à la fois.

On ne saurait gouverner un Canada qui est fort en ne tenant pas compte de ses différences et en accentuant ses divisions. Au contraire, il faut miser sur ses différences, et le gouvernement actuel est incapable de le faire.

Je viens de compléter une tournée dans les cégeps et universités de l’est du Québec et, comme partout ailleurs au Canada où j’ai parlé avec des jeunes, la même question revient constamment. Les jeunes se demandent pourquoi ils s’intéresseraient à ce qui se passe au Parlement. Pourquoi devraient-ils s’impliquer ou tout simplement voter quand ils entendent qu’un programme comme Connexion compétence jeunesse, qui vise à aider les jeunes à trouver leur place sur le marché du travail, a donné 75 p. 100 de son aide à des jeunes vivant dans des comtés conservateurs; quand ils apprennent que sur un Plan d’action économique de 260 milliards de dollars, seulement 0,04 p. 100 constituent des programmes jeunesse malgré le fait que les jeunes forment plus de 37 p. 100 de notre population; quand ils savent que le taux de chômage chez les étudiants atteint presque 20 p. 100?

Plus de 200 000 jeunes ont perdu leur emploi au cours de la dernière année, soit plus que dans tout autre groupe d’âge. Nos jeunes ont de sérieuses questions à poser au gouvernement, mais, jusqu’à maintenant, celui-ci ne s’est pas montré disposé à leur répondre ou il a été incapable de le faire. Les tactiques et le ton employés par le gouvernement conservateur font en sorte que les Canadiens croient moins en leur gouvernement et en leur société, et qu’ils s’attendent à moins d’eux-mêmes. Là où ce comportement est le plus dévastateur, c’est dans l’impact pernicieux qu’il a sur notre jeunesse.

Nos jeunes ont le talent, l’intelligence et la motivation qu’il faut pour changer réellement le Canada et le monde. Mais nous ne les faisons pas rêver; nous ne les impliquons pas assez; nous ne leur donnons pas les outils dont ils ont besoin.

Un nombre record de jeunes participent au sein de leurs collectivités et au sein d’ONG nationales et internationales. Ils se préoccupent énormément de leur impact sur le monde, de la façon d’améliorer leurs collectivités et d’améliorer l’avenir de tous. Le fait qu’ils se fichent de ce qui se passe à la Chambre constitue pour moi la condamnation la plus frappante d’un gouvernement sans vision.

Les Canadiens ont été les grands perdants de toutes ces mesures à court terme dont le seul but était d’aller chercher des votes, de toutes ces stratégies électorales. Le plus grand échec pour moi est le fait que nous ayons été conditionnés, au cours des quatre dernières années, à croire moins en notre gouvernement, en notre capacité de proposer de grandes visions pour notre pays, de dire qui nous sommes et où nous voulons aller.

Les conservateurs n’ont rien dit sur notre orientation en tant que peuple et en tant que pays. En ce qui me concerne, cela constitue le dernier d’une longue liste d’échecs qui prend fin aujourd’hui pour le Parti libéral du Canada.

Soyons très clairs: nous ne voulons pas d’élections, pas plus que tout autre Canadien. Mais le Parti libéral ne peut tout simplement plus prétendre que les efforts de ce gouvernement pour servir les Canadiens et bâtir notre avenir sont suffisants.

Notre décision n’est pas politique. Elle va au-delà de la politique. Il s’agit d’exiger un Parlement et un gouvernement digne des espoirs et des rêves de tous les Canadiens.

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