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Justin Trudeau, député

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Réduction des émissions et la loi C-311

Madame la Présidente, je partagerai le temps dont je dispose aujourd’hui avec le député de Lac-Saint-Louis.
Depuis quatre ans, on entend, de ce gouvernement conservateur, de belles paroles et des promesses par rapport à l’environnement, mais depuis quatre ans, le Parti libéral et les autres partis d’opposition posent les mêmes questions: quel est le plan des conservateurs? Où est ce plan?

On voit plutôt de petites propositions, des annonces qui ne se réalisent jamais, de belles paroles et des promesses de coopération à l’échelle internationale, mais aucune action. C’est pour cela que la discussion d’aujourd’hui pourrait donner de très bonnes résultats.

La motion à l’étude est excellente. Nous ne discutons pas d’environnement en général, ni même du projet de loi C-311 en général. La motion propose simplement de retirer du texte du projet de loi la disposition qui porte sur l’obligation, pour le gouvernement, d’établir des cibles et de dire à quel point nous voulons être parvenus dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre en 2015, en 2020 et en 2025, de façon que nous connaissions les résultats du plan.

Ce n’est pas excessivement contraignant. Le mandat permet de revoir, d’actualiser et de réévaluer le plan tous les cinq ans. Nous verrons si nous avons atteint la cible, si nous faisons la bonne chose, si nous allons dans la bonne direction. En ce moment, nous envisageons un plan concret. Le gouvernement du Canada devrait se réjouir de cette motion, de l’occasion qui lui est donnée de faire connaître son plan à la Chambre et aux Canadiens.

Le gouvernement conservateur fait tout un plat de son objectif censément ambitieux, soit une réduction de 20 p. 100 d’ici 2020 par rapport aux émissions de 2006. Est-ce un objectif ambitieux? Cela se discute, mais au moins, il y a une cible, et le gouvernement compte l’atteindre. Il faut que le gouvernement fasse aussi le point à mi-parcours. Il doit nous dire où nous en serons en 2015 et comment nous allons atteindre les cibles de 2050.

Il faut réagir énergiquement aux réalités des changements climatiques. La question ne se pose plus. La seule chose qu’il reste à voir, c’est avec clarté nous agirons et dans quel cadre.

Je suis aujourd’hui très heureux que le NPD ait montré qu’il avait écouté le Parti libéral au Comité de l’environnement, où j’ai l’honneur de siéger. Comme nous l’avons dit, il faut parler de l’orientation que nous allons suivre. Il nous faut un plan. Il nous faut connaître celui que le gouvernement conservateur a à proposer. Il nous faut savoir sur quels enjeux nous allons négocier à Copenhague et quelle sera la position du gouvernement. Oui, il faut nous renseigner à ce sujet.

Le NPD, le Parti libéral et les autres partis peuvent ne pas penser exactement la même chose de la position à adopter ou des cibles exécutoires à imposer aux négociateurs à Copenhague, mais pour retirer l’élément non litigieux du projet de loi C-311 et dire simplement que le gouvernement est fier de son plan, encore faut-il que le gouvernement présente ce plan.

Que les conservateurs nous disent, de façon concrète, où on s’en va. Quelles étapes va-t-on franchir d’ici 2050? Comment va-t-on respecter, avec une pleine responsabilité, nos engagements envers la communauté internationale?

Nos industries ont besoin de clarté. Elles ont besoin de savoir à quoi elles seront tenues dans les années qui viennent. En tant que membre du Comité permanent de l’environnement et du développement durable, je parle souvent à des représentants de l’industrie pétrolière et de l’industrie manufacturière. Ils veulent qu’on leur dise où on va les mener, nous du Parti libéral, si nous formons le gouvernement un jour. Je leur demande ce que le gouvernement conservateur leur a dit, à eux, de l’industrie.

Comment le gouvernement conservateur a-t-il abordé l’industrie pour lui dire exactement ce que nous devions faire? La réponse est toujours la même: il ne l’a pas fait.

Ce que nous débattons aujourd’hui, c’est une possibilité offerte aux conservateurs de nous montrer à quel point leur plan est solide, à quel point il est bon, de nous dire dans quel sens ils veulent agir et de nous donner les cibles auxquelles nous pouvons tous aspirer et que nous essaierons d’atteindre: industrie, particuliers et collectivités.

Nous discutons ici d’une bonne idée. Pour l’amour du ciel, je suis peut-être encore trop naïf, mais je ne peux pas comprendre pourquoi les conservateurs s’opposent. Les changements climatiques ne font plus de doute. Nous sommes tous conscients des défis à relever. Mais nous n’arrivons pas à faire dire aux conservateurs comment ils entendent les relever.

Les partis de l’opposition ont essayé tant et plus d’obtenir des réponses, d’abord en présentant des projets de loi comme le C-311, qui exigent une action concrète. Et maintenant, plus modestement, en retirant une disposition du projet de loi et en disant: « D’accord, si le gouvernement ne veut pas agir, qu’il nous donne au moins une idée des mesures qu’il veut prendre et de ce que nous allons faire. Qu’il nous donne de quoi rassurer les Canadiens et leur montrer que le Parlement est capable de s’attaquer à ce grand problème de notre temps. »

Notre réussite au niveau de la protection de l’environnement sera à la base de la survie ou de la disparition de l’espèce humaine au cours du XXIe siècle. Toutefois, j’entends encore des commentaires, comme celui qu’a fait un de nos vis-à-vis il y a une dizaine de minutes, soulignant que les mesures de protection de l’environnement risquaient de détruire notre économie. J’aimerais pouvoir croire et espérer qu’en 2009, il est enfin devenu évident pour tous qu’il n’est pas question de choisir entre l’environnement et l’économie.
C’est un discours qu’on a entendu longtemps de la part de ces conservateurs et des républicains, soit qu’on ne veut pas s’occuper de l’environnement parce qu’il faut s’occuper de l’économie, de nos revenus et de nos emplois. Or, on sait très bien que ce qui devient essentiel, c’est de marier ces deux éléments, de bâtir sur ces deux éléments, de savoir qu’un environnement sain donne une économie forte et qu’une économie forte peut et doit contribuer à un environnement sain. Ce n’est pas de la magie. Il s’agit d’investir de façon intelligente dans les énergies renouvelables, d’investir dans l’efficacité ainsi que dans la recherche, les sciences, le développement et l’innovation, qui a toujours caractérisé ce qui est tellement fort pour le Canada.
Malheureusement, on se retrouve à un moment où, encore une fois, il faut qu’on supplie ce gouvernement de nous donner son plan, de partager avec nous ce qu’il a à offrir, de nous dire ce qu’il vise dans les décennies à venir. Ce n’est pas la mer à boire, ce n’est pas trop demander.

Nous voulons seulement être tenus au courant. Nous demandons au gouvernement de nous dire par exemple « Voici les taux de réduction que nous voulons atteindre d’ici 2015. Voici ce que nous voudrions atteindre d’ici 2020 et voici ce que nous voudrions atteindre d’ici 2025. Nous voulons savoir s’il sera possible de rajuster ces cibles si elles ne sont pas suffisantes, si elles devraient être renforcées, ou si nous devons modifier notre façon de faire.

C’est de cela que nous parlons aujourd’hui. Le gouvernement, qui est tellement fier de son plan et des mesures qu’il est censé présenter, nous expliquera-t-il enfin comment ces mesures permettront d’atteindre certaines cibles d’ici 2015 et au-delà? Où est le plan du gouvernement? En quoi ce plan consiste-t-il? Est-ce que quelqu’un pourrait nous informer à cet égard?

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